Julian Cyclo

Carnet de route d'un cyclovoyageur en quête de résilience écologique et sociale, en partenariat avec de jeunes lillois...

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Lundi 14 novembre. Alger. Visite jeudi dernier de la cité balnéaire de Bordj El Kiffan (anciennement Fort de l’eau), dans la baie d’Alger.

Retour nostalgique pour Jacky, né ici, il y a 56 ans. Sur la place centrale, un ancien l’interpelle :

- quelle famille ?

- Piris.

Il réfléchit…

- Mais bien sûr ! Piris le maçon !

A 76 ans, Ahmed Ouazeni, dit “Rapide” parce qu’il livrait les journaux en moins de deux, se souvient de mon arrière grand-père. Il évoque des noms, des lieux, que seuls mon père et lui reconnaissent. Il nous entraîne au cimetière français. Les tombes sont là, en piteux état, derrière un portail déglingué. Nous retrouvons le tombeau familial.

 

Le gardien nous fera signer un cahier pour témoigner de notre visite et de la reconnaissance de son travail. La ville a beaucoup changé, un tramway la relie à la périphérie d’Alger, tandis que de nombreux immeubles ont émergé. Nous retrouverons la maison, devenue propriété de la gendarmerie, le cabanon et l’école qui accueillaient mon père. Séquence émotion.

Partis en 1963, Jacky se souvient du jour de l’Indépendance. “La foule descendait la rue en chantant et en agitant les drapeaux”. Les témoins français de cet évènement historique sont rares. Beaucoup avaient déjà rejoint la France. A Fort de l’Eau, les communautés françaises et arabes semblaient cohabiter en bonne intelligence. En tout cas, Ahmed Ouazeni ne garde aucune rancoeur, bien au contraire. “Nous mangions des brochettes après la plage, sur la place, il y avait les bals”. Le vieux aussi est nostalgique lorsqu’on lui rappelle sa jeunesse. Et généralement, on ne retient que les bons souvenirs…