Julian Cyclo

Carnet de route d'un cyclovoyageur en quête de résilience écologique et sociale, en partenariat avec de jeunes lillois...

Itinéraire prévu dans les grandes lignes :


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Lundi 26 mars 2012. Dakar.

Les élections se sont déroulées dimanche 25 dans le calme. Les premières tendances laissent rapidement présager la victoire écrasante du candidat du rassemblement de l’opposition Macky Sall. A la télévision, on annonce en début de soirée l’appel du Président sortant Abdoulaye Wade à son concurrent pour “le féliciter”. Dès lors, plus besoin d’attendre l’annonce officielle, le peuple a gagné, le Vieux est désavoué.

Made arrive avec un véhicule, surexcité. Il nous embarque Ndof, Codé et moi en direction du Radisson, hôtel luxueux dans lequel le nouveau Président et sa cour ont élu domicile. La foule - des jeunes Dakarois  - se presse dans le vestibule et les gardiens sont rapidement débordés. Aux cris de “Macky Président” et aux rythme des calebasses nous investissons l’hôtel, devant le regard incrédule - mais amusé - des habitués. C’est un peu comme si, en France en 2007, Saint Denis s’était rassemblé au Fouquet’s pour accueillir Sarkozy !

Macky fait sa première déclaration devant une armée d’objectifs de presse. Codé et Ndof parviennent en sortant à lui serrer la main. Nous filons devant le siège de l’Alliance Pour la République où la fête bat son plein. ”Gorgui déna gorgui déna soule léen ko” scandent les manifestants : le vieux est mort, le vieux est mort il faut l’enterrer. Après 12 ans de règne, l’alternance est accueillie jovialement. Youssou Ndour, Gadio, Tanor, et les autres candidats du M23 sont également présents.

En réalité, la partie n’est pas encore jouée. Le peuple n’a pas voté pour Macky mais contre Wade. C’est-à-dire pour le respect de la constitution. Autrement dit, contre la personnalisation monarchique des institutions. La démocratie a gagné, certes. Mais la compétition électorale prendra sa vraie tournure lors des législatives de juin prochain…

Pour l’instant, les frontières maliennes sont toujours fermées et des manifestations sont prévues aujourd’hui à Bamako. Je temporise donc en attendant de prendre une décision : partir vers la Gambie puis la Guinée pour rejoindre la Côte d’Ivoire, ou bien vers le Mali, à condition que la situation se normalise. 

Il y’a d’un côté les Sénégalais qui prouvent leur maturité républicaine ; qui répondent par les urnes à une tentative de confiscation du pouvoir. De l’autre les Maliens, pris en étau entre la rébellion touareg au Nord et un coup d’Etat qui risque de dégénérer en guerre civile. On espère que ça n’arrivera pas…