Julian Cyclo

Carnet de route d'un cyclovoyageur en quête de résilience écologique et sociale, en partenariat avec de jeunes lillois...

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Jeudi 21 juin 2012. Cotonou, Bénin.

Plouf ! Le plan bateau tombe à l’eau. Reste l’avion. Pourquoi pas le bus ?

Deux compagnies de cars assurent le voyage vers le Nigéria.

- La première traverse le pays mais refuse de me vendre un billet “parce qu’un Blanc, c’est trop de problèmes, trop de risques, ils sont capables de suivre le bus et de le dévaliser”. “Ils” ce sont les bandits nigérians. Alors si même les Béninois s’inquiètent de leur sécurité et de la mienne…Sans parler d’Al Quaida ! 

- L’autre compagnie accepte mais s’arrête à 1h du matin en gare routière de Lagos. Une gare routière la nuit, même à Ballan, c’est pas très rassurant. Alors dans la capitale du crime Ouest-africain, disons juste que ça craint.

Et le bateau alors ?

Au port, si j’étais chasseur dozo, je me métamorphoserais en container ou en réfrigérateur et je voyagerais sans entraves. Incapable de magie, et à moins de me glisser dans le container, impossible de monter à bord. “C’est proscrit” me répond le directeur d’une compagnie de fret béninoise.

On construit un monde où les marchandises circulent à la guise des expéditeurs. Pour les humains, repassez demain. Mais demain, c’est loin.

J’ai joué toutes mes cartes : l’ambassade du Nigéria, le directeur des chantiers navals du port autonome, un responsable du transit, les diverses compagnies maritimes, le match de foot des bleus à l’hôtel du port en espérant trinquer avec un capitaine…Rien à faire, les bleus ont perdu et la pêche n’est pas bonne. Rien ne sert d’accabler le poisson. On marche sur un fil…sans hameçon.

S’envoyer en l’air

C’est ce qu’il reste à faire avec les complications à tiroir que cela suppose : trouver un vol pas cher à destination d’un pays voisin : obtenir le visa pour ledit pays : si c’est le Gabon : retourner à l’ambassade à Lomé et si c’est le Cameroun : retourner à Accra et dans tous les cas faire une prolongation de visa au Bénin et obtenir le droit d’une deuxième entrée sur le territoire. Une fois cela assuré, acheter le billet, démonter le vélo et les sacoches et mettre tout ça en soute, coûte que coûte.

Voilà où j’en suis après une semaine passé à Cotonou (qui en langue fon veut dire ce qui est long et profond…effectivement on pourrait y rester coincé, la vie est douce par ici).

Je squatte dans l’entrepôt d’ENVIE BENIN, une boîte à responsabilité sociale qui gère le recyclage et la vente d’appareils électroménagers venus d’Europe (et qui cherche des partenaires en France soit dit en passant) après quelques nuits en auberge (le temps de trouver ce bon plan). Très bonne auberge d’ailleurs (“The Guesthouse”). 

La ville est construite sur un marécage, les moustiques sont légions, l’influence musicale abidjanaise est bien présente et les zem, les motos taxis pétaradent du matin au soir. Envie de calme : l’océan est à côté. J’ai fait un entraînement de rugby sur la plage et j’ai parlé voyage / regard sur la différence aux mômes de l’école Lapins Bleus. Le défraiement régalera la soirée de soir, à la Béninoise (la bière locale). Joyeuse fête de la musique !

  1. juliancyclo a publié ce billet